Vers une activité plus consciente et… « libre d’esprit »

Je l’ai déjà signalé en divers lieux (exposés, articles ou livres), « l’inconscient freudien » constitue en soi une chausse-trappe conceptuelle. En effet, je vois dans cette approche du fonctionnement mental au moins trois contre-réalités :

  • Jonglerie freudienne et fuite sémantique.

Le préfixe « in » donne la propriété d’antonyme au mot qu’il sous-tend. Ainsi, tout comme « incapable » désigne du « non-capable », « inconscient » devrait signifier du « non-conscient ». Or nous parlons ici d’une activité purement mentale, dissimulée dans notre intimité, que nous induisons par notre propre verbe… et qui permet de réfléchir au sens même de ce mot. Dans ces conditions, comment pourrions-nous évoquer notre inconscience sur tel ou tel objet vécu,… sans au même moment être de mauvaise foi ? Car par nature, se prétendre inconscient de cet objet voudrait dire que nous ne pourrions pas le discerner, ni l’évoquer, ni même l’imaginer, par l’impossibilité même… de sa prise de conscience (recul méta, cf. préambule) ! Il s’agit dans cette situation intime ultime de l’inverse d’une tautologie, à savoir de tendre vers une forme « d’évitement définitif à soi-même ». Un évitement personnel, devenu également culturel, car encouragé depuis plus d’un siècle par l’intelligentsia psy !

  • Craquons ce « bug mémoriel »… que je ne saurais voir !

Certains psychanalystes, tel que Jacques Lacan(w), ont pensé trouver le « lieu de l’inconscient », l’imaginant même au cœur de notre cerveau. C’est ignorer l’origine neurosensorielle, donc « neurotemporelle(n) », de nos pensées (cf. préambule). En effet la « conscience de… », tout comme la « non-conscience de… », constitue en soi une activité spatiotemporelle 2x3D (libre, ou non), qui fait appel à nos capacités sensorielles. Pour l’individu, « être inconscient de… » signifie simplement qu’il évite de (re)mettre en relation une scène vécue (en 3D spatial), avec l’instant vécu qui pourtant lui est associé dans son histoire (en 3D temporel). En d’autres termes, il évite de (re)synchroniser ce qu’il a vécu en dehors d’avec ce qu’il a vécu en dedans !

Comme cette stratégie se réalise dans le stricte cadre intime de l’individu, nous pouvons affirmer que cette dissociation interne est de nature temporelle (impulsée via une de nos fonctions sensorielles, instinct de survie oblige !). En effet, au cours de « son événement intime », et afin d’éloigner une probable souffrance, cet individu a délibérément réorienté un « fragment mémoriel » de son histoire (stratégie de « zapping temporel »). Cela pour brouiller les traces d’une éventuelle remémoration, potentiellement douloureuse à revivre (histoire de ne plus la retrouver »… dans sa propre mémoire à long terme) !

Nota spécial : notre mémoire socio-mentale, « à long terme », tend à nous synchroniser culturellement… par l’entremise imposée de l’horloge sociale (« le » temps officiel). La stratégie de survie décrite ci-dessus, dont chacun peut vérifier la réalité à tout moment, prouve deux faits. D’une part que notre synchronisation culturelle constitue parfois un obstacle à plus de conscience individuelle. D’autre part, en reconnaissant dans notre for intérieur que nous sommes bien à l’origine de nos « mémoires inconscientes », nous prouvons par là même la nature intime du temps (vécu). N’en déplaise à S. Freud, aux psys et… à la science du siècle dernier ! Nous reviendrons sur ce thème essentiel durant le cinquième chapitre, lorsque nous aborderons la démarche de « résilience ».  

  • Pieux tabous d’origine « spirituelle » ?

Ne pas être conscient d’un processus intime pourtant vécu provient en général d’un déficit de capacité ou de liberté, localisé et souvent réversible, dans l’une de nos trois temporalités. Il peut s’agir d’un Futur (ex. : « Une idée m’est venue… mais elle m’a échappée »), du Passé (« Je suis sûr d’avoir déjà entendu cela, mais je ne me souviens ni où ni quand »), ou du Présent (« Couvrez-moi ce sein, que je ne saurais voir » – Le Tartuffe, Molière). Cette « déchirure mentale » ne devrait pourtant pas s’incruster, dès lors que nous développons notre esprit. En effet, celui-ci est susceptible de nous apporter plus de liberté mentale. Aussi devrait-il se mettre tôt ou tard au service de cette dernière, au même titre que notre mental se met spontanément au service de notre liberté comportementale (propriété intrinsèque de « l’émergence » – voir ci-dessus, et préambule). Tout à fait concrètement, cela montre que délimiter culturellement la croissance de notre esprit peut devenir source de tabous, lesquels peuvent ensuite nous priver de « libres confessions »… à nous-mêmes ! Nous ferons également le lien avec le processus de résilience (A titre d’illustration, je me souviens d’une époque, pas si révolue, où l’enfant devait confesser au prêtre ses « pensées coupables »… fruits de son imagination en éveil. Bien entendu, adhérer à cette démarche croyante créait au sein de l’enfant un véritable « harakiri de son esprit »… pourtant naissant!).

Pour ma part, vous l’avez compris, je ne peux valider que le terme « conscience », ou celui de « non-conscience ». Notons que l’appellation « subconscient(w) », c’est-à-dire « sous la conscience » abonde en ce sens, eut égard à la dynamique émergente de la conscience et… au réel « éveil spirituel » qui se développe dans les pays les plus libres (un éveil intuitif certes, c’est-à-dire encore peu conscient,… mais un éveil quand même !). Notons au passage que la notion de « subconscient » fut largement soutenue par C.G. Jung.

Ce qui vient d’être soulevé est essentiel pour appréhender le rôle central que notre « esprit critique » et nos « facteurs critiques » devraient prendre dans toute culture progressiste. Leur portée immense sur nos vies mérite que l’on s’y penche quelques instants. Alors plongeons au cœur de ce défi intérieur historique, qui se joue depuis des millénaires entre notre mental et notre esprit.

. Duel corps à corps « Mental / Esprit ».

Comme nous l’avons évoqué au chapitre II, le « dualisme corps-esprit » de R. Descartes a ancré dans notre culture moderne une « catastrophique croyance » (celle de l’immatérialité des fonctions du mental et de l’esprit). Cette croyance culturelle est d’autant plus suicidaire que nous avons également confondu « mental » et « esprit ». Le déficit actuel de conscience (mentale), en particulier dans notre société occidentale, découle directement de ces deux croyances (cf. préambule « prise de conscience). Dans « la » réalité vécue par chacun, le nœud originel de ces croyances viscérales se situe dans un duel permanent que chacun de nous se livre dans sa propre intimité depuis l’âge de raison (vers six ou sept ans). Un duel entre « conscience » et « subconscience ». Et ce combat intrapsychique se livre avec deux armes personnelles que nous reconnaitrons tous. D’une part notre « esprit critique », ardant développeur d’un esprit toujours en devenir, et d’autre part des « facteurs critiques » que nous avons installés, tels des remparts intérieurs, pour faire face aux émotions, souffrances et douleurs réelles ou potentielles… que nous ne pouvions assumer. Etudions plus précisément la nature même de ces deux armes fatales, l’une progressiste, et l’autre… conservatrice !

  • Comment procède notre « esprit critique » ?

Toujours à l’appui du schéma en Annexe A, comprenons précisément comment s’articule cette activité interne d’analyse critique… envers des idées préalablement conçues (par soi, ou d’autres que soi). Une activité intime, vécue en 3D-temporel, qui se finalise toujours au Présent. Son processus se voulant pertinent, et sans falsification, il doit alors être le plus simple et direct possible (et sans jugement aucun). En effet, il consiste pour chacun de nous, ancré au Présent, à confronter consciemment différentes hypothèses (idées de temporalité Future), à « l’idée » même objet de l’analyse (idée de temporalité Passée). Le processus « d’esprit critique » se vit donc « en live », en confrontant des idées futuristes à une idée passéiste. Lorsque la confrontation valide l’idée en place, celle-ci se voit confortée. Lorsqu’elle la démonte, elle se voit alors… « dépassée » !

Je propose de représenter le processus d’esprit critique, de stade néocortical, par ce triptyque temporel « Présent (Futur> Passé) ».

  • Comment ont procédé nos « facteurs critiques » ?

A l’inverse de l’esprit critique, le facteur critique désigne un processus castrateur de prise de conscience. En effet il tend, une fois mis en place, à empêcher toute mise en relation d’un contenu subconscient avec un vécu intime conscient. Le « facteur critique », notion largement utilisée en autohypnose, est donc en soi un « facteur d’intolérance », un « filtre » voire un « sas » que nous construisons entre le champ de nos activités conscientes et la « cellule haute tension » de notre subconscient. Nos facteurs critiques, tout comme le processus d’esprit critique, se construisent puis se consolident « en live », lors de « moments Présents (à soi-même). Leur durée d’action est donc également encadrée par celle de nos « mémoires à court terme » (à savoir au plus trente secondes… du « temps de l’horloge ») !

Par contre, et contrairement à ce que pratique notre esprit critique, son action consiste à isoler notre Futur à vivre… d’un Passé vécu. Ou également, à nous isoler d’un potentiel vécu Futur… imaginé lors d’un « Passé causal » réellement vécu. Autrement dit, le « facteur critique » permet d’occulter une partie de notre Passé, ou a permis jusqu’à présent d’occulter un Futur probable. Prenons deux exemples courants, situés dans un « moment présent » du Passé, l’autre dans un « moment présent »… d’un Futur potentiel :

  • « Cet enfant de trois ans entendit très distinctement cet homme violenter sa mère. L’émotion qui s’en suivit devint pour lui insupportable, insurmontable». Ce faisant, il décida de basculer sa mémoire du « moment présent » vers un vécu imaginaire. C’est-à-dire qu’il bascula cette réalité vécue vers un « hypothèse imaginaire »  liée à un « Futur hypothétique » (dont la mémoire était fugitive). La mémoire du Passé vraiment vécu a ainsi disparu (de sa conscience), pour laisser place à une « parenthèse temporelle », un « sas subconscient » verrouillé… de l’intérieur !
  • Déclaration fréquente chez les ados et adultes : « Je voudrais vivre (au Futur) le plus longtemps possible, en bonne santé, mais (au Présent) je ne peux m’empêcher de fumer. Me priver des sensations que cela me procure… m’est insupportable ! ». Nous voyons dans cet exemple que le « facteur critique du fumeur », ici un « sas d’isolement du Futur », interdit tout accès conscient sous le tapis subconscient d’un Futur objectif… que le fumeur occulte, alors que sa mémoire d’un Passé fumeur est reconnue au Présent !

Dans la première situation, l’enfant a mis en œuvre un acte temporel critique face à une émotion passéiste devenue insurmontable, ce qui lui a permis de survivre… et de passer outre cet endroit Passé de son histoire. Lors de la deuxième situation, l’adulte décide un basculement temporel critique, car il ne peut supporter cette privation de sensations… auxquelles il est devenu « accro ». Relevons au passage que l’esprit de l’individu, même adulte, se soumet aux impératifs de survie du mental (émotions critiques), ou du physique  (sensations critiques). Il s’agit là d’une claire illustration du thème que nous allons à nouveau aborder dans la partie suivante, à savoir « la nature émergente de l’esprit », relativement à notre ontogénèse (physique, puis mentale).

Pour synthétiser le processus du facteur critique en action, je propose de le représenter par ce triptyque temporel « Présent (Ω – Futur) » ou « Présent (Passé – Ω) ».

  • Dépasser les limites d’un « esprit en survie » !

Tenant compte de sa rivalité inévitable avec plusieurs facteurs critiques, nous pouvons mieux comprendre en quoi et comment notre esprit critique peut devenir efficace, ou non, lors son activité. Une activité viscéralement de type « doute hyperbolique » (cf. préambule). En effet, tout facteur critique n’a d’autre objectif que de maintenir verrouillées les bascules temporelles qu’il a créé au sein de notre « subconscient ». Autrement dit, pour autant que nous souhaitions nous libérer l’esprit, c’est bien à notre esprit critique, devenu alors « facteur subtil », de trouver les clés temporelles pour ouvrir subtilement les serrures des « sas » de notre subconscient. A n’en pas douter, le « coach esprit conscient® » doit être lui-même un excellent « serrurier temporel » !

Nota : à défaut d’un réel travail adulte sur notre subconscient, nous devons alors accepter en nous cette présence permanente d’une « parenthèse virale » issue d’un Passé ou d’un Futur potentiel non assumé. Cet « état d’esprit », celui d’un « esprit rigide » dont la liberté reste très relative, peut permettre une vie adulte acceptable. Néanmoins, il laisse fréquemment libre cours aux craintes et aux angoisses. Des peurs subconscientes, que la circonstance occultée réapparaisse ou alors… apparaisse in fine !   

En résumé.

Justifier d’un « inconscient » alibi, définitivement dissimulé dans nos mémoires intimes, fut une erreur thérapeutique du siècle dernier. Concevoir un « subconscient », enfoui sous le tapis conscient… d’une survie enfantine que nous avons dépassée, est bien plus réaliste. L’adulte à « l’esprit libre » peut alors utiliser son « esprit critique » pour s’introduire subtilement sous ce tapis intime, via le sas de ses « facteurs critiques »… qu’il avait lui-même créés pour concevoir une « version 3D-temporelle acceptable » de sa propre histoire !

 

Nota important : Les concepts de « facteur critique » et de résilience, tous deux associés à la conscience d’un « Temps vécu », permettront à terme de passer outre certaines théories de la psychologie moderne (celles depuis Freud). Non pas que ses constats, par nature empiriques, soient inexacts. Par contre j’estime d’une manière générale que la démarche traditionnelle ne permet pas de rendre ses « clients » vraiment autonomes. La raison en revient essentiellement à notre déficit de conscience du « Temps 3D », que nous initions par notre propre dynamique interne (cf. « Eloge du Futur », Ed. Persée 2016). En effet, lorsque nous intégrons dans notre vie quotidienne cette conscience nouvelle, il devient possible de mettre en œuvre une pratique intime « d’accès temporel au facteur critique ». Une pratique que nous pouvons et pourrons poursuivre à tout âge.

(Un ouvrage consacré à cette nouvelle approche de « Psychologie Esprit Conscient® » est en cours de préparation).       

La quasi-totalité des difficultés psychophysiologiques, voire même psychopathologiques, pourra plus facilement être débuggée via des processus de type « esprit conscient® ». Ceux-ci se définissent par une méthodologie bien plus proactive et autonome, en particulier grâce à la conscience temporelle de nos vécus intérieurs. En ce sens une révolution psycho-temporelle, pour ne pas dire « psycho-spirituelle », se prépare pour les années à venir. Au cours des prochains thèmes de « coaching esprit conscient® », chacun de nous pourra saisir plus concrètement en quoi et comment cette nécessaire « (r)évolution humaniste » devient motivante, aisée et efficace.

Au delà de nos « psychologies »… du Passé !

Nos fonctions de l’esprit se sont très peu développées depuis l’avènement Homo sapiens. Pourtant son avenir, « spirituel » (en son sens originel), semblait couler de source au début de sa « période pré-abrahamique » (ou période « néolithique »). Il y a plus de dix mille ans, notre ancêtre vivait en pratiquant un dialogue permanent avec son environnement. Un dialogue naturel, au sens premier du terme, émanant de ses actes et de ses pensées. Puis, devenant apte à plus d’imagination, l’idée d’une nécessaire causalité lui vint. En d’autre termes, celle de trouver « une raison d’être aux événements qu’il vivait ». Il pourrait ainsi définir peu à peu un « cadre causal de protection » face aux éléments, une source de « règles existentielles » qui lui permettraient de baisser son niveau d’angoisse ! (« instinct de survie » obligeHenri Laborit a écrit : « Doué d’imagination, l’homme en vint à attribuer au monde qui l’entourait, à la nature, une conscience analogue à celle qu’il percevait confusément en lui-même. Il peupla son environnement de dieux qu’il se mit à honorer. » – La légende des comportements, Flammarion).

Voici donc une approche scientifique de notre vielle motivation causale et spirituelle Homo sapiens, déléguée in fine à un potentiel protecteur… imaginé. Un référent de l’esprit qui fut ainsi durablement une réponse efficace pour offrir aux humains un cadre mental structurant pour d’innovants projets collectifs, a priori plus sécurisants. Je dis bien « approche scientifique » car cette explication, étayée par les travaux indiscutables de ce neurobiologiste hors pair que fut Henri Laborit, m’apparait la seule vraiment compatible avec la prise en compte de nos propres « systèmes de récompense », par nature incontournables (cf. article précédent). Par ailleurs, ce cheminement psychobiologique explique également la supériorité du potentiel de survie Homo sapiens sur celui du Néandertalien. Ainsi ce choix Homo sapiens d’une survie allégorique, pour ne pas dire « spirituelle », effectué il y quelques centaines de générations, a permis à notre espèce de poursuivre son histoire et un itinéraire… à la fois chaotiques et progressistes. Une survie et/ou une vie humaine aux expériences empiriques, à la fois « mentalement en lutte » et « spirituellement inhibée » (cf. article précédent). C’est en ce sens qu’aujourd’hui je nous encourage à nous soustraire du joug de notre propre inhibition spirituelle. Car en effet aucune « inclination symbolique », aucune « spiritualité extérieure » ne pourra nous venir en aide face aux catastrophes planétaires que nous sommes en train de générer. Aucun « dieu de l’esprit », fusse-t-il même tombé sur la tête, ne nous aidera à inverser cette tendance suicidaire de « l’homme moderne » qui consiste simultanément à « lutter contre les autres » (au Présent), et nous « inhiber spirituellement face au Futur » (de l’humanité). Autrement dit, nous devons entamer une véritable révolution psychologique et culturelle pour sortir de cette impasse historique qui a milité jusqu’à ce jour pour « un mental en lutte mais vassalisé par un esprit réprimé » !

Alors comment faire, et si possible comment faire « politiquement », sans s’entredéchirer ni « se prendre la tête » ? Depuis de nombreuses générations, probablement depuis cette période pré-abrahamique évoquée ci-dessus, nos sociétés n’ont de cesse de s’inspirer « d’un » passé (sans cesse réinterprété). Pourquoi donc ? Nos ancêtres nous ont-ils prouvé qu’ils avaient su vivre « heureux ensemble », à savoir sans stress issus « du » présent ou « du » futur ? En quoi l’expérience « du » passé serait-elle la seule orientation à répliquer, empiriquement, afin de trouver la voie… d’une vie meilleure ? Comprenons par là que notre démarche psychologique historique, utilisée également par la science officielle, impose en permanence de valider ses succès passés dans chaque moment présent. Un présent certes directement rattaché au physique (… et à « la » physique), mais n’offrant alors qu’un seul itinéraire de vie possible, canonique et « filaire » (tel que le pratique le ver de terre !). Un itinéraire malheureusement vécu sans véritable esprit critique. Et si nous prenions comme référence temporelle, non plus « le » passé (rempli d’histoires), mais « un Futur choisi » auquel nous aspirerions tous, collectivement ? Un nouveau protocole expérimental pourrait ainsi naitre, un protocole social et même scientifique, pour lequel l’empirisme serait inversé. A savoir que le champ expérimental serait surtout fondé sur ce qui n’a pas encore été expérimenté (vécu), quitte éventuellement à valider, ou à invalider, certains protocoles historiques. Une telle démarche impliquerait alors d’augmenter les fonds alloués aux recherches collectives, en diminuant à l’inverse ceux abandonnés aux « matelas de quelques uns ». Bien entendu dans un tel scénario la vraie recherche fondamentale, à savoir celle qui s’autorise à revisiter les fondements passés (« esprit critique » oblige), développerait prioritairement en « esprit conscient® » le sens du mieux… et non ce mortifère réflexe du « toujours plus » !

Tenant compte de ce qui vient d’être expliqué, nous commençons à mieux appréhender pourquoi l’état d’esprit des « entrepreneurs du Futur » diverge sur le fond de celui des « entrepreneurs du Passé ». En particulier leurs psychologies fondamentales diffèrent sur « comment investir ». Le premier, possédant une vision et des objectifs plus humanistes, tendra à asseoir les principaux investissements et résultats sur l’ensemble des acteurs de l’entreprise. Alors que le second, répliquant les méthodes d’antan, continuera de pratiquer dans son entreprise une soit disant « sélection naturelle », généralisant ainsi un « esprit de compétition » fondé sur un « mental en lutte mais vassalisé par son propre esprit inhibé » (cf. ci-dessus). Mais, au même titre que se projeter matériellement vers une croissance illimitée est en soi un crime contre l’humanité (ou encore « imaginer un cumul PIB continuant de croitre… à l’infini »), célébrer sans cesse et sans « esprit critique » nos héros du passé est un suicide. Inversement, les meilleures références progressistes pour l’humain seront forcément des références à acquérir et à développer. Cela se vérifie, et se vérifiera, dans le cadre de toutes les entreprises humaines. La raison fondamentale vient essentiellement du fait qu’Homo sapiens doit psychologiquement passer du stade des « émotions entretenues » (par des dirigeants passéistes), à celui de « sentiments initiés » (par chaque leader humaniste). Observons notre récente « entreprise Homo sapiens » : même acculée au bord de sa propre faillite, elle reste encore et partout gérée par ses seules émotions !

Nous pouvons ainsi prendre un peu de recul, et percevoir que mener nos expériences collectives sous l’emprise d’un empirisme sans fin, soutenu par une spiritualité doctrinale et passéiste, nous mènera potentiellement à une intolérance émotionnelle généralisée, puis à un inévitable repli égocentré… de survie physiologique. A l’inverse, expérimenter de nouvelles visions futuristes, pouvant être imaginées puis exposées par chacun, peut générer motivation et élan collectif. Encourageons donc l’émergence des entreprises plus humanistes, lesquelles sauront mettre en œuvre de « libres sentiments humains »… pour les investir ensemble.

Nota : Loin de moi l’idée qu’assumer notre Passé et vivre notre Présent serait une erreur. Bien au contraire, notre bibliothèque culturelle, qu’elle soit personnelle ou collective, est essentielle pour nous construire mentalement (et émotionnellement). Par ailleurs, savourer « le moment présent » fournit une richesse de vie corporelle incomparable. Non, l’idée à retenir ici est que pour vivre pleinement, pour vivre mieux et moins angoissé, il est indispensable de s’investir également vers « un Futur » choisi. Au cours des deux articles suivants nous verrons, plus en détail, pourquoi et comment équilibrer au quotidien nos trois orientations temporelles. Car chacune de celles-ci est essentielle, et les associer en leur donnant une importance équivalente me semble l’enjeu majeur de notre culture du 21ème siècle. Un siècle qui sera pour chacun celui de l’esprit… ou ne sera plus !     

          

En résumé.

Une révolution psycho-temporelle est nécessaire pour notre société. Nous avons en effet besoin de rééquilibrer le poids culturel attribué à chacune de nos orientations temporelles. Il s’agit, pour l’essentiel, de ne plus subir toutes les vérités issues d’un passé doctrinal, mais de les confronter à d’autres réalités potentielles, celles d’un Futur qu’il nous appartient de créer par nous-mêmes.

C’est ainsi que l’on peut entreprendre collectivement avec une libre et naturelle créativité,… ce qui alimente alors l’esprit même de l’entreprise humaniste !

La personne morale et sa conscience d’ICI

La mission du coach humaniste doit conduire rapidement à une mise en place consciente des « conditions nécessaires » à plus d’engagement positif parmi les diverses interactions entre collaborateurs (internes et externes). Pour mémoire, il s’agit de consolider dans l’entreprise un climat de confiance et de bienveillance réciproque, de rendre naturel et spontané le respect des clients et fournisseurs, puis de progressivement s’impliquer dans une démarche plus éthique, sociétale et environnementale.

Bien entendu la mise en place d’un tel état d’esprit au sein de l’entreprise ne peut passer que par l’impulsion et l’exemplarité de sa « personne morale ». En général le dirigeant détient cette charge officielle, ainsi que celle d’en piloter son quotidien et… son avenir. Dans un tel contexte la phase de travail de proximité, de complicité et de confiance inébranlable entre le coach et celui-ci constitue le premier pilier du sentiment de réussite. Rapidement le dirigeant se rendra compte de l’incontournable nécessité de mieux comprendre ses collaborateurs, puis de favoriser l’expression de leurs « motivations intrinsèques ». En d’autres termes cela signifie que ce manager, aidé par son soutien, devra s’impliquer personnellement auprès de chaque acteur de l’entreprise. Directement, ou indirectement (par délégation auprès des principaux cadres en cas d’effectif important). Dans une certaine mesure nous pourrions décrire cette démarche, quasi à contre courant des méthodes ultralibérales (dites « scientifiques », mais issues d’un taylorisme aveugle), comme la seule capable de construire une communauté humaine forte et soudée. Celle-ci se rapproche en partie de la structure appelée plus classiquement « entreprise familiale ». Pour le moins, il s’agit pour le dirigeant d’échafauder volontairement, avec toute son équipe, les conditions nécessaires requises pour que cet esprit de communauté devienne naturel pour chacun. Le minimum vital étant de développer une généreuse et concrète « culture d’entreprise »    Continuer la lecture de « La personne morale et sa conscience d’ICI »

Le Manager « humaniste »

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S’investir ensemble vers le progrès humain

Il serait bien illusoire de vouloir classifier les entreprises, donc les chefs d’entreprise, en deux catégories manichéennes (les « bonnes » et les « mauvaises »), tant leurs activités quotidiennes sont multiples, complexes, et donc méritent toujours de se voir nuancées. Cependant, il assez facile d’identifier celles et ceux qui progressent peu à peu, souvent en fonction de leur perception des priorités (apparemment temporelles). Parfois suite à une prise de conscience générant un changement de comportement, plus ou moins substantiel, mais souvent appelé à s’ouvrir sur d’autres améliorations plus ambitieuses. Les dirigeants sont ou seront donc appelés à faire évoluer leurs regards sur un monde sociétal de plus en plus exigeant, vis-à-vis des autres… et de soi-même. Cette exigence sera bientôt, voire est déjà devenue, un fait social et environnemental. Une sorte d’obligation à la fois politique et réaliste, éthique et « humaniste ». Mais attention, ce serait une erreur souterraine que de voir dans la démarche humaniste un objectif utilitaire du genre « rendons les salariés plus heureux, ils seront… plus productifs !». Non, l’entreprise consciente de sa vraie démarche progressiste fait un autre choix, qui ne sera pas « un moyen pour… ». Son objectif premier réside dans le progrès humain, sociétal et environnemental. La probable répercussion financière n’en sera qu’une conséquence induite (par la qualité, la confiance, la réputation, …). Continuer la lecture de « Le Manager « humaniste » »

Corps humain et Entreprise humaniste

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Analogie entre l’humain et son entreprise

La vie interne de l’entreprise, au même titre que celle d’un « humain ouvert à son monde intérieur », possède les principales caractéristiques de la vie individuelle. Elle ne doit son existence, sa croissance puis sa fin de vie, que par sa permanente dualité espace / Temps. Autrement dit l’entreprise, entité vivante à part entière, doit pour avancer activer ses mémoires intérieures (suivant un cycle mémoriel 3D type « Futur> Passé> Présent »), en interaction continue avec un environnement « matérialisé », extérieur (considéré plus « concret »). Lequel s’incarne pour sa part suivant un « cycle relationnel 3D » de dynamique apparente « Présent> Passé > Futur ». Continuer la lecture de « Corps humain et Entreprise humaniste »

Esprit de synthèse

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Concepts de base pour « esprit conscient® »

Il ne s’agit pas redévelopper dans cette publication les explications détaillées sur les natures neurosensorielles de nos gestes et attitudes (physique), de nos paroles et pensées (mental), ou de nos intentions et projections de l’esprit. Elles ont été fournies au fil de récentes publications NWScience, lesquelles suggèrent des fondations pour une « science nouvelle ». Ne retenons ici que les concepts nouveaux que nous pourrons mettre en œuvre dans le cadre des séances d’un travail de développement humaniste. Nous pouvons à minima en dénombrer une douzaine, résumée ci-dessous. Continuer la lecture de « Esprit de synthèse »

Sciences humaines et conscience de « l’esprit »

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Sciences humaines et conscience de « l’esprit »

« L’homme d’esprit » investit de son Temps vers l’avenir des siens.

Il est stupéfiant de vérifier chaque jour que l’homme occidental, a priori devenu plus libre, reste embrumé, souvent même englué, par de nombreux concepts mystérieux (parfois même mystiques). La notion de « l’esprit » fait partie de ces tabous psychoculturels pour lesquels il serait vraiment souhaitable de nous investir, au risque de faire perdurer voire de continuer à développer nos sempiternelles tensions (émotionnelles). Car effectivement notre esprit constitue notre seul moyen neuropsychique, notre seul « portail d’accès » à une vie plus conforme… à nos intimes et sereines motivations. Continuer la lecture de « Sciences humaines et conscience de « l’esprit » »

Introduction au coaching « Esprit Conscient® »

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Au cœur du « business model » d’une société française de plus en plus compétitrice, quatre à cinq mille coachs professionnels soutiennent la performance des chefs d’entreprise, des managers et des sportifs de haut niveau. Peu ou prou, tous ont été formés par les mêmes profils, les mêmes méthodes, les mêmes théories. Ils se sont préparés aux mêmes jeux de rôle, en particulier celui du gagnant. Voire du « gagnant plus ». Plus rarement du « gagnant mieux ». Car depuis la fin des trente glorieuses, particulièrement en France, il était devenu urgentissime d’accompagner les dirigeants vers plus de réalisme, d’acceptation de cette concurrence en évolution permanente, ainsi vers la nécessité d’une continuelle adaptation (à leurs « marchés »). Aujourd’hui l’entreprise française apparait plus « adaptée au marché », plus concurrentielle au niveau international, et moins repliée sur ses positions ancestrales, issues en particulier d’une histoire… présumée glorieuse. Dans un tel contexte de régulation « marché – investissement – dirigeant », la dynamique entrepreneuriale est en train d’arriver à son optimal,… au même titre que notre société occidentale, prise dans son ensemble, a récemment atteint son optimal de « croissance » (au sens productif ou spéculatif du terme). Continuer la lecture de « Introduction au coaching « Esprit Conscient® » »